Travailler chez soi, le fantasme démystifié

Travailler chez soi, le fantasme démystifié

Travailler chez soi… Quand j’étais salariée, je croyais que c’était le rêve : se lever moins tôt, éviter les bouchons, avoir moins de pression, prendre son café quand on veut, pas de collègues antipathiques ni de patron stressé… Et je vais vous dire, tout ceci est vrai. Mais c’est loin d’être le paradis que l’on s’imagine.

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Je travaillais de chez moi depuis 1 an et demi.
1 an et demi que je m’obstinais dans une routine qui ne me convenait pas.
Je m’accrochais à un fantasme.
Celui où travailler chez soi est un luxe et un plaisir permanent.
Mais la réalité m’avait rattrapée depuis longtemps et je ne le voyais pas.
Chaque journée à travailler chez moi devenait de plus en plus lourde.
Jusqu’au jour où je me suis écoutée. Je suis sortie du fantasme, je suis allé travailler ailleurs.
Depuis tout à changer. Je refusais de croire que la solution pouvait être aussi facile, et pourtant.
J’avais juste besoin de renoncer à un fantasme qui ne me correspondait pas.

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Travailler chez soi est un challenge

Dès l’enfance, l’école nous habitue à un cadre et à un rythme imposé. Puis, c’est au tour du monde du salariat. Nous ne sommes pas conditionnés à travailler autrement que dans un cadre.

Quand le salariat m’a quitté, j’ai connu, les semaines suivantes, la sensation d’être en dehors du cadre, d’être en vacances sans l’être. « On est lundi, je ne devrais pas être chez moi. » Les routes sont désertes, les parkings sont pleins. Je n’entends pas un bruit chez moi, parce que les voisins ne sont pas là.

Très vite, j’ai compris que je devais aimer ce sentiment et non le rejeter. « Tu n’es pas en décalage par rapport aux autres, tu es juste plus libre qu’eux ».

Je me suis donc lancée dans mon projet entrepreneurial, après tout, je n’avais plus rien à perdre.

Et j’ai été portée un moment par ce sentiment de liberté.

Mais la réalité m’a vite rattrapée.

Comment s’organiser quand on a perdu tous nos repères ? Comment se motiver quand on n’est obligé de rien ? Comment se concentrer sur son travail quand il y a la télé, le ménage, la lessive, le soleil, et qu’aucune autorité ne t’empêchera d’y consacrer du temps ?

 

Ma plus grosse erreur

La plus grosse erreur que j’ai commise a été de m’acharner à vouloir que ce fantasme reste une réalité. Passer l’enthousiasme du début, travailler chez moi était devenue un enfer. Je sais que beaucoup d’indépendants ne souffrent pas de cette situation. Mais si vous êtes comme moi, lisez bien ce qui suit.

Rester chez soi en pyjama toute la semaine.
User sa volonté en évitant constamment les distractions.
Avoir des journées qui se suivent et se ressemblent.
Boire du thé toute la journée en vous disant que ça va vous donner du courage.
Ne vous rendra ni productif ni heureux.
Ce n’est pas ça, être libre.
Vous serez juste désespérément démotivés. Vous aurez construit votre propre prison.

 

L’astuce du coworking at home

C’est la première idée que j’ai eue pour me sortir de cet enfer. Le but : casser la routine en se motivant à plusieurs !

  1. Trouver un ou plusieurs amis ayant du pain sur la planche : entrepreneurs, étudiants, etc. Attention : trouvez des coworkeurs qui savent rester sérieux, le but n’est pas de vous déconcentrer !
  2. Leur proposer de venir bosser chez vous, pour se motiver mutuellement
  3. Fixer une date rapidement et un horaire matinal, 8h par exemple.
  4. Recommencez aussi souvent que possible, en alternant chez vous et chez eux, pour que cela soit équitable.

Cette astuce m’a sauvé pendant longtemps. La simple présence d’une autre personne suffisait à me stimuler et à casser ma routine.

 

Le jour où je me suis écoutée

Ce matin-là, je me suis senti appelé dehors. Je me suis levé avec la conviction qu’il fallait que j’aille travailler hors de chez moi. Un lieu avec internet ou je pourrais rester plusieurs heures : la médiathèque de ma ville ? Parfait. Alors sans même prendre de petit-déj, je me prépare, je prends l’ordinateur portable, et je m’en vais. Je fuis littéralement, en dépit de mon mental qui me dit que je vais perdre du temps et de l’argent en trajet et que je ferais mieux de rester chez moi…

J’arrive en ville, je mange un bout dans mon coffee shop favoris, puis direction la médiathèque. 10 ans au moins que je n’y avais pas mis les pieds. Les tables ont vieilli, les étudiants ont rajeuni… ah non c’est moi qui suis plus vieille. Il est loin le temps où je révisais la philo ici avec mes amis.

Mais toujours cette ambiance studieuse. Ce calme relatif, juste ce qu’il faut de bruit pour stimuler la créativité (car oui, le bruit stimule).

Je me sens en paix pour la première fois depuis longtemps.

Je ne vais pas vous mentir, ça n’aura pas été ma journée la plus productive. Pas cette fois-là. Mais depuis ce jour, mes rendez-vous avec la médiathèque se sont multipliés et j’y gagne énormément en productivité et en bien-être. Il m’arrive même d’y aller en compagnie de mes amis entrepreneurs, qui eux aussi, apprécient ce changement de décor.

Il aura suffi que je m’écoute une seule fois.

Maintenant, je travaille dans les cafés, les boulangeries… partout où je peux me poser, et c’est un vrai plaisir ! Les espaces de coworking ? Non merci ! Je ne vois pas l’intérêt de payer 300 euros par mois pour une table, une chaise et une connexion Internet.

Bien sûr, je travaille de chez moi encore de temps en temps, mais uniquement quand c’est nécessaire, ce qui rend la chose bien moins douloureuse.

 

Et vous, est-ce que vous aimez travailler chez vous ? Ou est-ce que, comme moi, vous avez besoin d’être ailleurs ? Dites-le-moi dans les commentaires !

 

Créativement,

 

Aurore

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2 commentaires sur “Travailler chez soi, le fantasme démystifié

  1. Je travaille chez moi et à mon rythme. J’établis peu à peu un planning de travail. Mais définitivement, les lundis je fais la grasse mat et mardi et mercredi je bosse. Jeudi et vendredi ménage et le week-end je me consacre à ma famille.

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